Mythologie égyptienne · Dieux & déesses
Hathor, déesse de l'amour, de la musique et du ciel en Égypte
Hathor, déesse égyptienne de l'amour, de la joie et de la musique : Œil de Râ, mère céleste d'Horus, dame de l'Occident des morts et souveraine du temple de Dendérah.
Qui est Hathor ?
Hathor est l’une des plus grandes et des plus anciennes déesses de l’Égypte, en même temps que l’une des plus complexes. Déesse de l’amour, de la beauté, de la musique et de la joie, elle est aussi une puissance céleste et solaire. Son nom, Ḥwt-Ḥr, signifie « la Demeure d’Horus » : Hathor est le ciel, l’espace dans lequel vole le faucon Horus. Cette identité multiple — maternelle et sensuelle, solaire et funéraire, douce et terrible — fait d’elle une divinité qui déborde toute définition unique.
Rôle, nature et domaines
Hathor gouverne tout ce qui rend la vie désirable : l’amour, la musique, la danse, l’ivresse festive, la beauté. Son instrument est le sistre, dont le bruissement écarte les forces hostiles ; son emblème est le collier ménat, symbole de renaissance et de plaisir. On l’invoque pour la fécondité, les naissances heureuses et l’épanouissement du désir.
Mais cette déesse de la joie est aussi une déesse céleste. Représentée en vache cosmique, elle porte le disque solaire entre ses cornes — l’attribut que la déesse Isis lui empruntera plus tard. Comme grande vache du ciel, Hathor met au monde le soleil chaque matin et l’avale chaque soir : elle est la matrice du renouveau solaire.
L’Œil de Râ et la Destruction de l’humanité
Le mythe le plus puissant attaché à Hathor la révèle sous son jour redoutable. Comme fille et défenseuse de Râ, elle incarne l’Œil de Râ, la puissance solaire punitive.
Dans le Livre de la Vache céleste, les hommes se révoltent contre Râ vieillissant. Le dieu envoie son Œil châtier l’humanité : la déesse se déchaîne alors sous la forme sanguinaire de Sekhmet, la lionne, et massacre les rebelles avec une telle fureur qu’elle menace d’exterminer le genre humain tout entier. Pour l’arrêter, Râ fait répandre sur les champs des milliers de jarres de bière teintée de rouge comme du sang. La déesse, croyant boire le sang des hommes, s’enivre, s’apaise, et redevient la douce Hathor. Ce récit condense la dualité de la déesse : la même puissance qui donne la joie peut, déchaînée, anéantir le monde.
Généalogie et rapports divins
Fille de Râ, Hathor est étroitement liée à Horus, dont elle est tantôt la mère, tantôt l’épouse selon les traditions. Au grand temple de Dendérah (Iounet), son principal sanctuaire, elle est l’épouse d’Horus d’Edfou ; de leur union naît Ihy, le jeune dieu de la musique et du sistre. Chaque année, la statue d’Hathor remontait le Nil de Dendérah à Edfou pour la fête du « Beau Rendez-vous », célébration de cette union sacrée.
À côté de la grande déesse existent les Sept Hathors, formes multiples qui apparaissent à la naissance de chaque enfant pour fixer son destin — figures proches des fées marraines des contes.
La Dame de l’Occident
La déesse de la joie est aussi, paradoxalement, une déesse des morts. Sous le titre de « Dame de l’Occident » (Imentet), Hathor accueille le soleil couchant et les défunts qui entrent dans l’au-delà. Dans la nécropole thébaine, elle apparaît sous la forme d’une vache sortant de la montagne d’Occident pour recevoir le mort et l’allaiter, lui offrant la renaissance. Loin d’être une contradiction, cette double fonction traduit la logique égyptienne : celle qui préside à la naissance et au plaisir est aussi celle qui garantit la seconde naissance, au-delà de la mort.
Culte, extension et syncrétismes
Le culte d’Hathor fut l’un des plus populaires d’Égypte, servi par des prêtresses musiciennes et danseuses. Son sanctuaire de Dendérah, dont l’état actuel remonte à l’époque ptolémaïque et romaine, reste l’un des temples les mieux conservés du pays. Déesse des contrées lointaines, Hathor était vénérée comme « Dame de la Turquoise » dans les mines du Sinaï et honorée jusqu’à Byblos, au Liban.
Aux époques tardives, ses attributs se fondent avec ceux d’Isis (Isis-Hathor). Les Grecs, enfin, l’identifièrent à Aphrodite, reconnaissant en elle la grande déesse méditerranéenne de l’amour.
Ce que disent les sources antiques
Hathor est attestée dès les Textes des Pyramides (v. 2400 av. J.-C.), qui la mentionnent parmi les divinités protectrices du roi défunt. Le Livre de la Vache céleste, inscrit dans plusieurs tombes royales du Nouvel Empire (dont celle de Toutânkhamon), conserve le mythe de la Destruction de l’humanité. Les murs du temple de Dendérah livrent les hymnes, les rituels et le calendrier festif de son culte. Les inscriptions du Sinaï et de Byblos attestent son rayonnement hors des frontières égyptiennes. Hérodote et d’autres auteurs grecs la rapprochent d’Aphrodite dans leurs descriptions de la religion égyptienne.
Lectures complémentaires
Pour le dieu solaire dont Hathor est la fille et l’Œil vengeur, lire la fiche de Râ. Pour le faucon divin dont elle est la « demeure » céleste et l’épouse à Dendérah, voir la fiche d’Horus. Pour la déesse qui hérite de ses cornes et de son disque solaire dans le syncrétisme tardif, consulter la fiche d’Isis.
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Questions fréquentes
De quoi Hathor est-elle la déesse ?
Hathor est la déesse égyptienne de l'amour, de la beauté, de la musique, de la danse et de la joie, mais aussi une déesse céleste et solaire. Son nom signifie « la Demeure d'Horus » : elle est le ciel dans lequel vole le faucon divin. Elle accueille aussi les morts dans l'au-delà sous le titre de « Dame de l'Occident ».
Pourquoi Hathor est-elle appelée l'Œil de Râ ?
Comme fille et protectrice de Râ, Hathor est l'un des visages de l'« Œil de Râ », la puissance solaire agissante. Dans le mythe de la Destruction de l'humanité, cet Œil se déchaîne sous la forme féroce de Sekhmet pour châtier les hommes révoltés — avant que Râ ne l'apaise et ne la ramène à la douceur d'Hathor.
Quel est le lien entre Hathor et Isis ?
À l'époque tardive, Isis absorbe l'iconographie d'Hathor, notamment les cornes de vache encadrant le disque solaire, donnant la forme syncrétique Isis-Hathor. Les deux déesses partagent des fonctions de maternité et de protection, mais Hathor est d'abord la déesse de la joie, de la musique et de l'amour, là où Isis domine la magie et la résurrection.