Aphrodite, déesse de l'amour et de la beauté dans la mythologie grecque
Aphrodite, déesse grecque de l'amour, du désir et de la beauté : naissance de l'écume, attributs, mythes principaux et culte dans l'Antiquité.
Méditerranée orientale, monde grec antique
Guide de la mythologie grecque : des Titans aux Olympiens, héros et monstres, cycles de Troie et de Thèbes, Enfers et sources antiques, d'Homère à Ovide.
Aphrodite, déesse grecque de l'amour, du désir et de la beauté : naissance de l'écume, attributs, mythes principaux et culte dans l'Antiquité.
Apollon, dieu grec de la lumière, de la musique, de la poésie et de la prophétie : attributs, naissance, oracle de Delphes et grands mythes.
Arès, dieu grec de la guerre et de la fureur guerrière : attributs, généalogie, mythes principaux, opposé à Athéna et culte dans l'Antiquité.
Artémis, déesse vierge de la chasse, de la lune et des animaux sauvages : attributs, naissance, mythes principaux et culte dans la mythologie grecque.
Achille, fils de Pélée et de Thétis : la quasi-invulnérabilité, la querelle avec Agamemnon, la mort de Patrocle et le talon fatal. Figure centrale de l'Iliade.
Agamemnon, chef de la coalition grecque : la querelle avec Achille, le sacrifice d'Iphigénie, la malédiction des Atrides et le meurtre au retour.
Ajax fils de Télamon : le rempart des Achéens dans l'Iliade, son duel contre Hector, les armes d'Achille perdues face à Ulysse et son suicide chez Sophocle.
Alceste, épouse d'Admète : le pacte d'Apollon avec les Moires, son sacrifice, son retour des Enfers grâce à Héraclès et la tragédie d'Euripide.
Calypso dans l'Odyssée : sept ans de captivité à Ogygie, une relation sans consentement, et les localisations antiques d'une île introuvable.
Les Centaures grecs : mi-hommes mi-chevaux, leur origine, la centauromachie contre les Lapithes, Chiron le sage précepteur et leur place entre nature et civilisation.
Cerbère, chien à trois têtes gardien du royaume d'Hadès : origine, rôle dans le monde souterrain, douzième travail d'Héraclès et autres intrusions mortelles.
La Chimère, monstre hybride grec à tête de lion, corps de chèvre et queue de serpent : origine divine, ravages en Lycie et mort aux mains de Bellérophon monté sur Pégase.
Delphes dans la mythologie grecque : sanctuaire d'Apollon, siège de la Pythie et oracle le plus influent de l'Antiquité. Rôle mythologique, culte et héritage.
Les Champs Élysées dans la mythologie grecque : séjour bienheureux promis à certains héros, puis récompense des âmes justes selon les traditions.
Le Labyrinthe dans la mythologie grecque : dédale construit par Dédale pour le roi Minos afin d'enfermer le Minotaure, franchi par Thésée grâce au fil d'Ariane.
Le mont Olympe, résidence sacrée des douze dieux olympiens : rôle cosmique fondateur, représentations dans Homère et Hésiode, et place unique dans la cosmologie grecque.
La foudre de Zeus dans la mythologie grecque : forgée par les Cyclopes, arme de la Titanomachie et sceptre de feu du roi de l'Olympe, symbole de souveraineté absolue.
La Toison d'Or dans la mythologie grecque : toison du bélier Chrysomallos, trésor de Colchide gardé par un dragon, et objet de la quête légendaire de Jason et les Argonautes.
Le trident de Poséidon dans la mythologie grecque : forgé par les Cyclopes, arme et sceptre du dieu des mers, symbole de son domaine sur les eaux et les tremblements de terre.
Mythes de la création
Le mythe de la création grecque selon la Théogonie d'Hésiode : du Chaos originel à Gaïa, des Titans aux Olympiens, la naissance ordonnée du monde.
Guerres mythiques
La guerre de Troie dans la mythologie grecque : du jugement de Pâris au sac d'Ilion, dix ans de siège, héros immortels et querelles des dieux sur l'Olympe.
Voyages et quêtes
Jason réunit les Argonautes pour conquérir la Toison d'Or en Colchide : les Symplegades, Médée, les taureaux de feu et le dragon sans sommeil.
Guerres mythiques
Le jugement de Pâris : la pomme de la Discorde, les offres des trois déesses, le choix fatal d'Aphrodite et l'enlèvement d'Hélène qui déclenche la guerre de Troie.
Comparaison des divinités guerrières dans les mythologies grecque, romaine, nordique, égyptienne, japonaise, hindoue, aztèque et celtique.
Comparaison des divinités de la mort et de l'au-delà dans les mythologies grecque, égyptienne, nordique, romaine, japonaise, hindoue, aztèque et celtique.
Comparaison des divinités de l'amour dans les mythologies grecque, romaine, nordique et égyptienne : Aphrodite, Vénus, Freya, Hathor, Éros et Cupidon.
La mythologie grecque est l’ensemble des récits, des généalogies divines et des croyances par lesquels les Grecs de l’Antiquité expliquaient l’origine du monde, le pouvoir de leurs dieux et les exploits de leurs héros. Elle ne repose sur aucun livre sacré. Des poètes l’ont chantée, le théâtre l’a jouée, les peintres de vases l’ont illustrée et chaque cité en racontait sa version, si bien que presque chaque mythe nous est parvenu sous plusieurs formes. Ses racines sont très anciennes : les tablettes en linéaire B de Cnossos et de Pylos, écrites entre le XIVe et le XIIIe siècle av. J.-C., nomment déjà Zeus, Héra, Poséidon, Hermès et Dionysos. Mais sa forme classique se fixe avec Homère et Hésiode, aux VIIIe et VIIe siècles av. J.-C.
Ce guide en présente l’architecture : les générations divines, le panthéon olympien, les héros et les monstres, les grands cycles de récits, l’au-delà, et les sources antiques qui nous ont transmis tout cela.
Le récit de référence est la Théogonie d’Hésiode (v. 700 av. J.-C.). Au commencement est Chaos, la béance primordiale, puis viennent Gaïa, la Terre, le Tartare et Éros. De Chaos naissent l’Érèbe et Nyx, la Nuit. Gaïa engendre seule Ouranos, le Ciel, puis s’unit à lui.
Le pouvoir change de mains par la violence. Ouranos retient ses enfants prisonniers dans le sein de Gaïa, jusqu’à ce que le Titan Cronos le mutile avec une faucille dentelée forgée par sa mère. Du sang tombé sur la terre naissent les Érinyes et les Géants, et de l’écume de la mer surgit Aphrodite. Devenu roi, Cronos avale un à un les enfants que lui donne Rhéa. Pour sauver le dernier-né, Zeus, elle lui fait avaler une pierre emmaillotée et cache l’enfant en Crète.
Devenu adulte, Zeus force son père à régurgiter ses frères et sœurs, puis mène contre les Titans une guerre de dix ans, la Titanomachie. Il la remporte grâce aux Hécatonchires aux cent bras et aux Cyclopes, qui lui donnent la foudre. Les Titans vaincus sont enfermés dans le Tartare, et Zeus doit encore abattre Typhon, dernier défi lancé par Gaïa. Dans l’Iliade (XV, 187-193), Poséidon rappelle le tirage au sort qui fonde le nouvel ordre : le ciel à Zeus, la mer à lui-même, les ténèbres souterraines à Hadès, la terre et l’Olympe restant communs aux trois.
Hésiode n’est pas la seule version. Homère fait d’Océanos « l’origine des dieux » et de Téthys leur mère (Iliade, XIV, 201), tandis que les théogonies orphiques placent au commencement la Nuit ou Phanès, né d’un œuf cosmique. Les détails changent aussi : chez Hésiode, Cronos est piégé par les ruses de Gaïa ; chez le pseudo-Apollodore, c’est Métis qui lui fait boire un vomitif. Le récit complet est développé dans la cosmogonie grecque.
Après leur victoire, Zeus et les siens s’installent sur l’Olympe, le plus haut sommet de Grèce (2 918 m), aux confins de la Thessalie et de la Macédoine. Les Grecs parlent des « Douze dieux », et Athènes leur consacre un autel sur son agora dès 522 av. J.-C. (Thucydide, VI, 54). La liste n’a pourtant jamais été figée. La plus courante réunit :
Sur la frise est du Parthénon, c’est Dionysos qui siège parmi les Douze, et Hestia n’y figure pas. L’idée qu’elle lui aurait cédé sa place de bon gré a été popularisée au XXe siècle par Robert Graves, sans source antique connue. Quant à Hadès, frère de Zeus, il ne compte pas parmi les Olympiens : il règne sous la terre avec Perséphone.
Le panthéon grec dépasse largement les Douze. Il y a d’abord les autres Titans, enfants d’Ouranos et de Gaïa. On y trouve Océanos et Téthys, puis Hypérion et Théia, parents du Soleil, de la Lune et de l’Aurore (Hélios, Séléné et Éos). S’y ajoutent Japet, Thémis et Mnémosyne, mère des Muses dont Calliope est la plus éminente. Les fils de Japet, Atlas, Prométhée et Épiméthée, font le lien entre l’histoire des dieux et celle des hommes.
Une particularité grecque est la personnification : des notions abstraites deviennent des figures divines avec parents et descendance. Nyx enfante ainsi Hypnos et Thanatos, le Sommeil et la Mort, mais aussi Éris, la Discorde, et Némésis, la juste rétribution. La Victoire (Niké) et la Fortune (Tyché) ont leurs statues et leurs sanctuaires.
La mer a ses propres divinités : Protée et Phorkys, les vieillards de la mer, Triton ou la Néréide Thétis. Les vents aussi sont des dieux, de Borée à Zéphyr. Enfin, Hécate, Pan ou Asclépios ont joué dans le culte un rôle bien plus important que leur place dans les grands récits ne le laisse penser.
Dans la religion grecque, un héros n’est pas qu’un personnage de légende. C’est un mortel d’exception, souvent fils d’un dieu, qui reçoit après sa mort un culte sur son tombeau. Hésiode en fait une race à part, celle des « demi-dieux », dont certains sont emmenés après leur mort aux îles des Bienheureux (Les Travaux et les Jours, 156-173).
Les plus célèbres unissent ascendance divine et épreuves surhumaines :
D’autres s’imposent par l’exploit, comme Jason ou Bellérophon, ou par la ruse, comme Ulysse. Les héroïnes n’y tiennent pas des rôles moins décisifs : Médée, Ariane, Hélène, Pénélope ou Antigone.
Face à eux, beaucoup de monstres appartiennent à une même famille. Selon Hésiode, Échidna et Typhon engendrent Orthros, Cerbère et l’Hydre de Lerne. La Chimère, le Sphinx et le lion de Némée sont issus de la même lignée. Méduse, seule mortelle des trois Gorgones, est fille de Phorkys et de Céto. Le Minotaure, lui, naît de l’union de Pasiphaé et du taureau de Crète. La plupart des grands héros se définissent d’ailleurs par le monstre qu’ils abattent : Persée par Méduse, Bellérophon par la Chimère, Thésée par le Minotaure, Œdipe par le Sphinx.
Les mythes grecs s’organisent en cycles, c’est-à-dire en ensembles de récits qui partagent leurs personnages et une chronologie interne.
Pour les Grecs de l’époque homérique, la plupart des morts ne sont ni punis ni récompensés : ils deviennent des ombres sans force dans le royaume d’Hadès. Dans l’Odyssée (XI, 489-491), l’ombre d’Achille confie à Ulysse qu’elle préférerait être sur terre le serviteur d’un paysan pauvre plutôt que de régner sur tous les morts. Plus tard, on se représente la traversée vers ce royaume sur la barque du nocher Charon, payée d’une obole, et l’entrée gardée par Cerbère.
Deux lieux font exception. Le Tartare, aussi loin sous l’Hadès que le ciel l’est de la terre (Iliade, VIII, 16), sert de prison aux Titans et aux grands coupables comme Sisyphe ou Ixion. L’Élysée, à l’inverse, accueille quelques élus : dans l’Odyssée (IV, 561-569), Protée annonce à Ménélas qu’il y finira ses jours sans connaître la mort. Pour mettre ce monde souterrain en regard de la Douat égyptienne ou de Hel chez les Nordiques, voir la comparaison des dieux de la mort dans 8 mythologies.
Les mythes grecs ne sont pas qu’une littérature : ils fondent des pratiques religieuses. À Delphes, la Pythie rend les oracles d’Apollon, qui y aurait tué le serpent Python. À Éleusis, les Mystères font revivre aux initiés la quête de Déméter et le retour de Perséphone. Le théâtre athénien lui-même est un rite : les tragédies d’Eschyle, de Sophocle et d’Euripide étaient présentées en concours aux Grandes Dionysies, fête de Dionysos. Olympie accueille les jeux en l’honneur de Zeus, dont la tradition fixe la première édition en 776 av. J.-C., et le sanctuaire d’Asclépios à Épidaure attire des malades de tout le monde grec.
La mythologie grecque nous parvient par couches successives, et chaque auteur la remanie.
Cette absence de canon explique l’importance des variantes. Aphrodite naît de l’écume chez Hésiode, mais elle est fille de Zeus et de Dioné chez Homère (Iliade, V, 370). Chez Stésichore, puis dans l’Hélène d’Euripide, Hélène n’est jamais allée à Troie : Grecs et Troyens se sont battus pour un fantôme façonné par les dieux, pendant que la vraie Hélène attendait en Égypte.
Rome a assimilé les dieux grecs à ses propres divinités, et c’est souvent sous leurs noms latins que la Renaissance les a redécouverts, du Festin des dieux de Bellini et Titien (1514-1529) à la Naissance de Vénus de Botticelli. Le français en garde de nombreuses traces. La panique vient de Pan, l’écho de la nymphe Écho, et un dédale tire son nom de l’architecte du Labyrinthe. Quant à la « boîte de Pandore », c’était une jarre chez Hésiode, devenue boîte au XVIe siècle sous la plume d’Érasme. La psychanalyse a emprunté à Sophocle son « complexe d’Œdipe ». Le ciel nocturne, enfin, reste peuplé de figures grecques, des Pléiades aux constellations de Persée et d’Andromède.
La guerre de succession entre Ouranos, Cronos et Zeus a des parallèles frappants au Proche-Orient. Dans le mythe hourrite de Kumarbi, le dieu du Ciel est lui aussi émasculé par son successeur, avant qu’un dieu de l’orage ne s’empare de la royauté céleste. Pour prolonger ces rapprochements, voir les mythes de la création comparés, les dieux de la guerre ou les dieux de l’amour, ainsi que les hubs de la mythologie égyptienne et de la mythologie nordique.