Mythologie grecque · Dieux & déesses

Céto, déesse marine et mère des Gorgones dans la mythologie grecque

Céto, puissance de la mer primordiale : son union avec Phorkys, les Grées, les Gorgones et la généalogie des monstres grecs.

Céto combattant les Géants, frise nord de l'autel de Pergame : figure féminine drapée, lion et monstre marin
Miguel Hermoso Cuesta — via Wikimedia Commons · CC BY-SA · Image adaptée : redimensionnement, composition sur fond flouté, désaturation, teinte colorée et conversion WebP · Source

Céto est une puissance marine primordiale et, avec Phorkys, l’origine d’une grande partie des monstres grecs. Fille de Pontos, la Mer, et de Gaïa, elle ne possède presque aucun récit individuel. Sa fonction est généalogique : elle donne une ascendance commune aux êtres qui habitent les frontières du monde connu.

Un nom qui contient le monstre marin

Le nom de Céto est apparenté au grec kētos, terme appliqué aux grands animaux marins et aux monstres de la mer. Il a donné le mot moderne « cétacé ». Cette parenté ne signifie pas que Céto soit elle-même décrite avec une forme précise : Hésiode la compte parmi les anciennes divinités nées de la mer et la qualifie de belle.

Ce contraste est caractéristique. Céto n’est pas un monstre que combat un héros, mais la puissance divine dont les monstres procèdent. Elle appartient à une génération antérieure aux Olympiens, où un élément du monde et une personne divine sont encore presque la même chose.

La famille de Phorkys et Céto

Avec son frère Phorkys, Céto engendre d’abord les Grées, vieilles dès leur naissance, puis les trois Gorgones : Sthéno, Euryale et Méduse. Hésiode poursuit son catalogue avec un serpent gardien et une créature mi-femme, mi-serpent généralement identifiée à Échidna, même si la syntaxe du passage rend certaines filiations discutées.

Les auteurs ultérieurs réorganisent encore cette famille et lui rattachent parfois les Hespérides, Scylla ou les Sirènes. Il vaut donc mieux parler d’un noyau hésiodique que d’un arbre unique accepté par toute l’Antiquité.

Ce noyau a néanmoins une cohérence géographique. Les filles de Céto vivent loin des cités : au-delà d’Océan, près de la Nuit, dans des grottes ou sous la terre. Elles gardent des seuils que les héros ne franchissent qu’avec une aide divine.

La mère absente des combats

Persée tue Méduse, Héraclès affronte plusieurs descendants d’Échidna, et les Argonautes croisent d’autres dangers marins. Céto n’intervient jamais pour les défendre. La mythologie ne lui attribue ni colère maternelle comparable à celle de Léto, ni guerre contre les nouveaux dieux.

Cette absence est précisément sa place dans la Théogonie. Hésiode transforme un ensemble dispersé de créatures en famille : les monstres ne surgissent pas au hasard, ils appartiennent à une branche ancienne du cosmos. Céto est le nom placé à la racine de cette branche, le lien entre la mer féconde de la cosmogonie et les adversaires des récits héroïques.

Sources antiques

  • Hésiode, Théogonie, v. 233-336
  • Apollodore, Bibliothèque, I, 2, 6 ; II, 4, 2

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Questions fréquentes

D'où vient le nom de Céto ?

Du grec kētos, terme appliqué aux grands animaux marins et aux monstres de la mer — c'est lui qui a donné le mot moderne « cétacé ». Cette parenté ne signifie pas que Céto soit elle-même décrite avec une forme précise : Hésiode la compte parmi les anciennes divinités nées de la mer et la qualifie de belle. Elle n'est pas un monstre qu'un héros combat, mais la puissance divine dont les monstres procèdent.

Pourquoi Céto n'intervient-elle jamais pour défendre ses enfants ?

Persée tue Méduse, Héraclès affronte plusieurs descendants d'Échidna, et elle ne bouge pas. La mythologie ne lui attribue ni colère maternelle ni guerre contre les nouveaux dieux. Cette absence est précisément sa place dans la Théogonie : Hésiode transforme un ensemble dispersé de créatures en famille, et Céto est le nom placé à la racine de cette branche.