Mythologie égyptienne · Dieux & déesses

Geb, dieu de la terre et héritier du trône en Égypte ancienne

Geb, dieu égyptien de la terre : fils de Shou et Tefnout, époux de Nout, père d'Osiris, Isis, Seth et Nephthys. Prince des dieux dont dérive le trône des pharaons.

Geb allongé, dieu de la terre à la peau verte, sous la voûte de Nout, art égyptien classique
Daniel Toye — via Wikimedia Commons · CC BY-SA · Source

Qui est Geb ?

Geb est le dieu égyptien de la terre. Fils de Shou, l’air, et de Tefnout, l’humidité, il appartient à la troisième génération de la Grande Ennéade d’Héliopolis. Là où la plupart des cultures font de la terre une divinité féminine et du ciel une figure masculine, l’Égypte inverse le schéma : Geb est le sol masculin et sa sœur-épouse Nout est le ciel féminin qui se voûte au-dessus de lui. Cette singularité fait de Geb une figure clé pour comprendre la conception égyptienne du monde : la terre n’est pas une matrice passive, mais un dieu vivant, souverain, dont le corps est le socle de toute existence.

Rôle, nature et domaines

Geb est le sol dans toutes ses dimensions. Il est la terre nourricière d’où poussent les plantes — ce qui lui vaut souvent une peau verte, celle de la végétation —, mais aussi la terre minérale, la roche et les métaux enfouis. Il est encore le sol funéraire : c’est dans le corps de Geb que reposent les morts, et les textes disent que la terre « s’ouvre » pour les recevoir. À ce titre, Geb a une face ambivalente : porteur des vivants, il peut aussi retenir les défunts prisonniers, et certaines formules funéraires cherchent à empêcher que « la mâchoire de Geb » ne se referme sur le mort.

On l’associe volontiers à l’oie, son animal emblématique, parfois posée sur sa tête : Geb est le « grand caqueteur » dont l’œuf primordial, dans certaines traditions, contient le soleil. Séismes et tremblements sont interprétés comme le rire de Geb.

Généalogie et place dans l’Ennéade

Geb naît de l’union de Shou et Tefnout, le premier couple issu du créateur Atoum. Avec sa sœur Nout, il forme le second couple divin, celui de la terre et du ciel. De leur union serrée naissent les quatre grandes divinités du drame égyptien : Osiris, Isis, Seth et Nephthys — auxquels certaines traditions ajoutent Horus l’Ancien. Geb est donc le père des acteurs du cycle osirien, le point où la cosmogonie abstraite débouche sur l’histoire dramatique des dieux.

Séparé de Nout, uni à jamais

Le mythe le plus visuel où figure Geb est celui de sa séparation d’avec Nout. À l’origine, la terre et le ciel sont si étroitement enlacés qu’aucun espace ne les distingue. Sur l’ordre de Râ — parfois par jalousie, parfois pour ouvrir le monde —, Shou s’interpose et soulève Nout haut au-dessus de Geb. La terre reste allongée en bas, le corps parfois arqué de désir, tandis que le ciel s’étire en voûte étoilée hors de portée. L’art égyptien a fixé cette scène en une image inoubliable : Geb couché, Nout cambrée au-dessus, Shou debout entre eux. La séparation est douloureuse mais féconde : c’est elle qui crée l’espace habitable et permet la naissance des astres et des dieux.

Geb roi et juge des dieux

Au-delà de sa nature cosmique, Geb joue un rôle politique dans la mythologie égyptienne. Il est le troisième roi divin à régner sur la terre, après Râ-Atoum et Shou : on parle du « trône de Geb », expression qui désigne la royauté légitime elle-même. En transmettant ce trône à Osiris, puis, après le meurtre, en présidant au tribunal divin qui oppose Horus à Seth, Geb devient le garant de la succession dynastique. Chaque pharaon se présente comme l’héritier terrestre de Geb, ce qui ancre la monarchie égyptienne dans la généalogie même des dieux.

Ce que disent les sources antiques

Geb est attesté dès les Textes des Pyramides, qui le nomment « Prince des dieux » et évoquent son rôle dans l’accueil du roi défunt dans la terre. Les Textes des Sarcophages et le Livre des Morts développent son visage funéraire et les formules destinées à l’apaiser. Le mythe de la séparation d’avec Nout est richement illustré sur les papyrus mythologiques du Nouvel Empire et sur les cercueils, où le trio Geb-Shou-Nout est un motif récurrent. Enfin, les récits de la querelle d’Horus et de Seth, notamment le Papyrus Chester Beatty I, mettent en scène Geb en juge de la succession. Ces sources dessinent un dieu à la fois élémentaire et institutionnel : la terre comme fondement du monde et de l’ordre royal.

Lectures complémentaires

Pour le ciel dont Geb est l’inséparable époux, lire la fiche de Nout. Pour ses parents, l’air et l’humidité, voir Shou et Tefnout. Pour ses enfants, cœur du grand drame égyptien, consulter Osiris, Isis et Seth. Pour l’héritier dont Geb arbitre la légitimité, lire la fiche d’Horus.

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Questions fréquentes

Qui est Geb dans la mythologie égyptienne ?

Geb est le dieu égyptien de la terre, fils de Shou (l'air) et de Tefnout (l'humidité). Époux de sa sœur Nout, le ciel, il est le père d'Osiris, Isis, Seth et Nephthys. Comme personnification du sol, il porte les vivants et abrite les morts.

Pourquoi Geb est-il représenté couché ?

Dans l'iconographie égyptienne, Geb est figuré étendu au sol, souvent le corps arqué ou à demi relevé, tandis que Nout, le ciel, se voûte au-dessus de lui. Cette image cosmique montre la terre séparée du ciel par Shou, l'air, qui maintient les deux amants à distance.

Quel est le lien entre Geb et la royauté des pharaons ?

Geb est le premier dieu à régner sur la terre après Shou : on parle du « trône de Geb ». En transmettant la royauté à Osiris puis à Horus, il fonde la légitimité dynastique dont chaque pharaon se réclame comme héritier terrestre.