Mythologie égyptienne · Dieux & déesses

Atoum, dieu créateur d'Héliopolis dans la mythologie égyptienne

Atoum, dieu créateur d'Héliopolis : démiurge autogène surgi du Noun, il engendre Chou et Tefnout, fonde l'Ennéade et incarne le soleil couchant, père des dieux.

Atoum coiffé de la double couronne, dieu créateur d'Héliopolis, art égyptien classique
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Qui est Atoum ?

Atoum est le dieu créateur de la cosmogonie d’Héliopolis, la plus influente des théologies de l’Égypte ancienne. Son nom, dérivé de la racine tem, dit tout de sa nature : il est le « Tout achevé » et, en même temps, « celui qui n’est pas encore » — l’être total et indivis qui précède le monde et le contient à l’état de promesse. Avant Atoum, il n’y a que le Noun, l’océan primordial, inerte et sans limites. Atoum est le premier à exister, et de cette existence unique découle toute la suite : les dieux, le ciel, la terre et l’ordre du monde.

Rôle : le démiurge autogène

Ce qui définit Atoum, c’est l’autogenèse. Il ne naît d’aucun parent : il « vient à l’existence de lui-même » sur la butte primordiale, le premier tertre de terre sèche à émerger des eaux du Noun. Cette solitude originelle est le cœur de la théologie héliopolitaine : la création ne résulte pas d’un combat ni d’un couple préexistant, mais du surgissement d’un être unique qui doit se dédoubler pour peupler le vide.

Atoum est donc le dieu de la complétude et de l’origine. Il est aussi le garant lointain de la royauté : coiffé du pschent, la double couronne de Haute et de Basse Égypte, il est le premier roi du monde, celui dont chaque pharaon prolonge le règne. Sa forme n’est pas animale mais celle d’un homme mûr, ce qui le distingue de la plupart des divinités égyptiennes et souligne son statut de figure paternelle et souveraine.

La création : du Noun à l’Ennéade

Le récit de création est fixé dès les Textes des Pyramides (v. 2350 av. J.-C.). Seul sur la butte, Atoum engendre le premier couple divin sans partenaire. Les textes emploient une image saisissante : il fait venir Chou, l’air, et Tefnout, l’humidité, de son propre corps. L’énoncé 600 joue sur les sons de leurs noms et les verbes égyptiens traduits par « expectorer » et « cracher ». D’autres versions, comme celle du Papyrus Bremner-Rhind, décrivent une auto-fécondation : Atoum produit la semence dont naissent ses enfants, sa main jouant le rôle du principe féminin.

De Chou et Tefnout naissent Geb, la terre, et Nout, le ciel. De ce second couple descendent enfin Osiris, Isis, Seth et Nephthys. Avec Atoum lui-même, ces huit divinités forment la Grande Ennéade — littéralement « les Neuf » — la généalogie fondatrice qui structure l’ordre du monde et donne à Héliopolis son autorité théologique.

Atoum et Râ : le soleil du soir

Très tôt, Atoum est identifié à , le grand dieu solaire, sous la forme composite Atoum-Râ ou Râ-Atoum. Cette fusion répartit les rôles selon le cycle du jour : Khépri est le soleil du matin, Râ celui de midi, et Atoum le soleil du soir, l’astre déclinant qui, sous les traits d’un vieil homme, s’enfonce dans la Douat pour y accomplir sa régénération nocturne. Atoum est ainsi le dieu du crépuscule et du retour à l’origine : chaque soir, le monde reflue vers l’unité première d’où il est sorti, avant de renaître à l’aube.

Cette lecture cyclique n’est pas anodine. Elle fait d’Atoum non seulement le commencement, mais aussi la fin vers laquelle tout tend. Certains textes funéraires lui prêtent d’ailleurs l’annonce d’un retour final au Noun, quand la création tout entière se résorbera dans l’océan indistinct — Atoum et Osiris demeurant seuls, sous la forme de deux serpents, dans l’eau primordiale.

Culte à Héliopolis et iconographie

Atoum est la grande divinité d’Héliopolis (Iounou, l’actuelle banlieue nord du Caire), berceau de la théologie solaire. On l’y vénère aux côtés de Râ, et le benben, pierre sacrée en forme de pyramidion, matérialise la butte primordiale sur laquelle il s’est créé. Dans l’iconographie, Atoum apparaît le plus souvent en homme coiffé du pschent, parfois vieillissant pour signaler le soleil couchant. Ses formes animales de régénération — le serpent qui mue et le scarabée — rappellent sa capacité à renaître de lui-même.

Ce que disent les sources antiques

Atoum est l’une des divinités les plus anciennement attestées. Les Textes des Pyramides, notamment l’Utterance 600, le nomment « Atoum-Khépri » et décrivent la production de Chou et Tefnout. Les Textes des Sarcophages et le Livre des Morts développent son rôle de créateur et sa dimension funéraire. Le Papyrus Bremner-Rhind (v. 310 av. J.-C.) conserve un récit de création détaillé où Atoum engendre le monde par sa propre substance. Ces sources, échelonnées sur plus de deux millénaires, montrent une théologie remarquablement stable : partout, Atoum reste le point de départ solitaire de tout ce qui existe.

Lectures complémentaires

Pour le dieu solaire auquel Atoum est identifié dans sa course du soir, lire la fiche de . Pour ses deux premiers enfants, nés de lui seul, voir les fiches de Chou et de Tefnout. Pour la génération suivante, la terre et le ciel, consulter Geb et Nout. Pour ses arrière-petits-enfants, cœur du grand drame égyptien, lire Osiris et Isis.

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Questions fréquentes

Qui est Atoum dans la mythologie égyptienne ?

Atoum est le dieu créateur d'Héliopolis, le démiurge autogène qui surgit seul du Noun, l'océan primordial. De lui naissent Chou (l'air) et Tefnout (l'humidité), puis toute l'Ennéade. Il incarne aussi le soleil couchant, la face vespérale de Râ.

Quelle est la différence entre Atoum et Râ ?

Râ est le grand dieu solaire, tandis qu'Atoum est notamment associé au soleil couchant. La théologie d'Héliopolis rapproche les deux dieux sous les noms Râ-Atoum ou Atoum-Râ, sans effacer toutes leurs fonctions propres.

Comment Atoum a-t-il créé le monde ?

Selon les Textes des Pyramides, Atoum se crée lui-même sur la butte primordiale émergée du Noun, puis engendre seul le premier couple divin : il fait venir Chou et Tefnout de son propre corps — par expectoration ou par sa semence selon les formulations et les textes. La création part donc d'un être unique et complet qui se dédouble.