Mythologie égyptienne · Dieux & déesses

Chou (Shou), dieu égyptien de l’air qui sépare ciel et terre

Shou, dieu égyptien de l'air et de la lumière : fils d'Atoum, frère et époux de Tefnout, il soulève Nout loin de Geb et maintient l'espace où respire la création.

Shou soulevant Nout de ses bras au-dessus de Geb, dieu de l'air, art égyptien classique
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Qui est Shou ?

Shou — souvent transcrit Chou en français — est le dieu égyptien de l’air, de la lumière et de l’espace atmosphérique. Il est le premier être issu du démiurge Atoum, et son rôle est proprement architectural : c’est lui qui, en s’interposant entre la terre et le ciel, ouvre le volume dans lequel la création peut respirer. Sans Shou, le monde resterait un bloc compact, ciel et terre écrasés l’un contre l’autre. Il est donc moins un dieu de récits qu’un principe cosmique : l’intervalle vital, le souffle qui tient les choses à distance.

Rôle, nature et domaines

Shou est le souffle au sens le plus concret. Il est l’air que l’on respire, le vent, la lumière diffuse qui remplit l’espace entre le sol et la voûte. La théologie égyptienne le pense en couple d’opposés avec sa sœur Tefnout : lui l’air sec et chaud, elle l’humidité. Ensemble, ils forment l’atmosphère complète, la première polarité de la matière après le surgissement d’Atoum.

Dans l’iconographie, Shou apparaît en homme coiffé d’une plume d’autruche — le hiéroglyphe même de son nom — souvent représenté à genoux, les bras levés, soutenant de ses mains le corps arqué de Nout. Cette image, l’une des plus célèbres de l’art égyptien, résume à elle seule sa fonction : Shou est la colonne d’air qui empêche le ciel de retomber sur la terre.

Généalogie et place dans l’Ennéade

Shou est le fils d’Atoum, engendré sans mère au tout début de la création. Dans l’énoncé 600 des Textes des Pyramides, Atoum fait venir Shou et Tefnout de son corps ; le passage repose sur des jeux de mots entre leurs noms et des verbes corporels. Frère et époux de Tefnout, Shou engendre avec elle le second couple divin, Geb, la terre, et Nout, le ciel. Il occupe ainsi la deuxième génération de la Grande Ennéade, charnière entre le créateur solitaire et le monde peuplé qui naîtra de ses petits-enfants — Osiris, Isis, Seth et Nephthys.

Le geste fondateur : séparer Geb et Nout

Le mythe central de Shou est celui de la séparation du ciel et de la terre. À l’origine, Geb et Nout sont si étroitement enlacés qu’aucun espace ne subsiste entre eux, et que Nout ne peut donner naissance à ses enfants. Shou, l’air, s’insère entre les deux et soulève Nout au-dessus de Geb, la maintenant à bout de bras comme une voûte étoilée. Ce geste sépare les amants mais crée le monde : l’espace ainsi ouvert devient le domaine de la lumière, du vent et de la vie.

Cette image cosmologique a une portée philosophique. Elle affirme que le monde habitable naît d’une tension maintenue, non d’un repos : c’est l’effort constant de Shou, jamais relâché, qui garantit que le ciel ne s’effondre pas. Certains textes évoquent d’ailleurs l’angoisse d’un affaissement final, quand Shou, fatigué, laisserait retomber Nout — écho égyptien à l’idée d’une fin du monde.

Shou guerrier et défenseur de Râ

À côté de sa fonction cosmique, Shou développe un visage plus martial, notamment par son assimilation à Onouris (Anhour), le dieu chasseur de This. Sous la forme Shou-Onouris, il devient un défenseur de l’ordre solaire, souvent représenté avec une tête de lion. Une tradition importante en fait aussi un roi divin : après le règne de Râ et d’Atoum sur la terre, Shou aurait exercé la royauté avant de la transmettre à Geb. Il combat alors les ennemis du soleil, à commencer par le serpent Apophis, incarnation du chaos que l’air lumineux tient à distance.

Ce que disent les sources antiques

Shou est attesté dès les Textes des Pyramides, qui décrivent sa naissance à partir d’Atoum et son rôle de séparateur. Les Textes des Sarcophages contiennent de longues formules dites « à la première personne de Shou », où le dieu se présente comme le souffle de vie qui anime le défunt. Le Livre des Morts et les papyrus mythologiques du Nouvel Empire fixent son iconographie de porteur du ciel. Enfin, les mythes tardifs conservés à l’époque gréco-romaine développent son visage guerrier et sa royauté terrestre. À travers ces sources, Shou reste avant tout ce qu’il fut dès l’origine : l’air qui tient le monde ouvert.

Lectures complémentaires

Pour le créateur dont Shou est le premier-né, lire la fiche d’Atoum. Pour sa sœur et épouse, l’humidité qui complète l’air, voir la fiche de Tefnout. Pour les deux enfants qu’il sépare et soutient, consulter Geb et Nout. Pour l’ennemi que le dieu lumineux repousse, lire la fiche du serpent Apophis.

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Questions fréquentes

Qui est Shou dans la mythologie égyptienne ?

Shou (ou Chou) est le dieu égyptien de l'air, de la lumière et de l'espace atmosphérique. Premier fils d'Atoum, frère et époux de Tefnout, il engendre Geb (la terre) et Nout (le ciel), puis les sépare en soulevant Nout au-dessus de Geb pour créer l'espace du monde.

Pourquoi Shou soulève-t-il le ciel ?

Dans la cosmogonie héliopolitaine, Geb et Nout, la terre et le ciel, sont d'abord unis dans une étreinte serrée. Shou, l'air, s'interpose entre eux et soulève Nout de ses bras : c'est ce geste qui ouvre l'espace habitable où circulent la lumière, le vent et la vie.

Quel est le rapport entre Shou et Tefnout ?

Shou et Tefnout forment le premier couple de la création, tous deux nés d'Atoum sans mère. Shou est l'air sec et lumineux, Tefnout l'humidité ; ensemble, ils incarnent les deux principes complémentaires de l'atmosphère et engendrent Geb et Nout.